Notre anatomie

audition et alzheimer

Une récente étude menée à l’initiative du GRAP (Groupe de Recherche Alzheimer Presbyacousie) montre que chez les sujets atteints de surdité avec gêne sociale, le risque de développer une maladie dégénérative de type Alzheimer serait de 2,48 fois plus élevé (sujets âgés de plus de 75 ans).

Les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer affectent les souvenirs récents (le facteur est-il passé ce matin ? Qui a téléphoné il y a une heure ?…).

La mémoire se nourrit des informations que lui procurent tous les sens, et en particulier l’audition.

Les membres du GRAP se sont donc penchés sur la question du rapport potentiel entre la presbyacousie et la démence.

Pour y répondre, ils ont mené une étude clinique portant sur 319 personnes vivant en institution depuis au moins un mois, et âgées de plus de 75 ans.

La moyenne d’âge des sujets était de 85 ans. 42% d’entre eux souffraient d’une presbyacousie qui provoquait une gêne sociale, 61% souffraient de troubles cognitifs.

Plus les sujets étaient âgés, plus leurs troubles auditifs étaient élevés.

Deux grands objectifs pour cette étude :

  • « Chercher si la surdité avec gêne sociale entraînait des démences plus graves, plus précoces, plus évolutives, plus fréquentes que lorsque l’audition était socialement bonne » ;
  • « Déterminer si les troubles auditifs avaient des conséquences sur l’évolution des troubles démentiels qu’entraînent les maladies dégénératives du système nerveux, telles que la maladie d’Alzheimer »
  • Les résultats de l’étude AcouDem, baptisée ainsi par le GRAP, semblent démontrer que les personnes malentendantes de plus de 75 ans ont 2,48 fois plus de risques d’être démente que celles qui entendent correctement.

    Il y aurait donc bien un lien entre presbyacousie et démence. Maintenant, à savoir s’il s’agit de coïncidences ou de corrélations : les recherches se poursuivent aujourd’hui.

    Un fait reste indiscutable : la démence est bien plus fréquente chez ceux qui entendent mal. Cette étude démontre que 72% d’états démentiels sont détectés dans le groupe des sourds, contre 52% dans le groupe qui entend.

    En résumé, mieux on entend, moins on risque de souffrir de troubles cognitifs, de troubles du comportement, de dépression… qui sont bien trop souvent la conséquence directe de la surdité de perception des personnes âgées.

    La solution connue pour compenser une perte auditive comme la presbyacousie est le port de deux aides auditives. Cette aide nécessite une prévention et une mise en place de l’appareillage très tôt, dès les premiers signes de gêne auditive, ainsi qu’un accompagnement orthophonique pour que les aides soient efficaces et satisfaisantes.

    En conclusion de cette enquête, on peut dire qu’il existe une nette prévalence de la démence chez les personnes âgées qui souffrent d’une baisse de l’audition avec gêne.
    Le problème est de savoir si cette prévalence correspond à une coïncidence (simultanéité de faits) ou si elle est liée à une corrélation (c’est-à-dire qu’il existe un lien entre les deux maladies).